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	<title>Cabiria</title>
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	<description>Action de sant&#233; communautaire avec les travailleuses et travailleurs du sexe &#224; Lyon</description>
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		<title>Cabiria</title>
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		<title>R&#233;pression et prostitution</title>
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&lt;p&gt;Corinne Monnet Charg&#233;e de recherche &#224; Cabiria, association de sant&#233; communautaire avec les personnes prostitu&#233;es. Texte paru dans la revue &#034;Le passant ordinaire&#034; n&#176;44 avril-juin 03 http://www.passant-ordinaire.com &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;pression envers les personnes prostitu&#233;es ne date &#233;videmment pas d'hier. Les prostitu&#233;es ont toujours eu affaire avec la police et la justice. Selon l'encadrement juridique des pays &#224; propos de la prostitution ou selon l'&#233;poque, plus ou moins morale ou s&#233;curitaire, elles ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.cabiria.asso.fr/la-recherche" rel="directory"&gt;La recherche&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cabiria.asso.fr/Articles" rel="tag"&gt;Articles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Corinne Monnet&lt;br class='manualbr' /&gt;Charg&#233;e de recherche &#224; Cabiria,&lt;br class='autobr' /&gt;
association de sant&#233; communautaire avec les personnes prostitu&#233;es.&lt;br class='manualbr' /&gt;Texte paru dans la revue &#034;Le passant ordinaire&#034; n&#176;44 avril-juin 03&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.passant-ordinaire.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.passant-ordinaire.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;pression envers les personnes prostitu&#233;es ne date &#233;videmment pas d'hier. Les prostitu&#233;es ont toujours eu affaire avec la police et la justice. Selon l'encadrement juridique des pays &#224; propos de la prostitution ou selon l'&#233;poque, plus ou moins morale ou s&#233;curitaire, elles ont &#233;t&#233; enferm&#233;es (dans des bordels ou des prisons), marqu&#233;es du sceau de l'infamie et socialement construites et (d&#233;)consid&#233;r&#233;es comme un groupe de parias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les ordonnances de 60, promulgu&#233;es afin de lutter contre certains fl&#233;aux sociaux, d&#233;finissent les prostitu&#233;es comme des inadapt&#233;es sociales et des victimes &#224; r&#233;ins&#233;rer. Jusqu'&#224; la loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, la prostitution n'&#233;tait donc pas interdite, car consid&#233;r&#233;e comme une affaire priv&#233;e. Toutefois, des mesures visaient bien d&#233;j&#224; &#224; en g&#234;ner l'exercice, comme celles concernant les atteintes &#224; la moralit&#233; ou &#224; l'ordre public. Mais si elle &#233;tait per&#231;ue unanimement comme indigne et mettant en danger &#224; la fois le bien-&#234;tre de la personne, ainsi que celui de la famille et de la soci&#233;t&#233; (cf la convention de 49), le fait d'&#234;tre raval&#233; au rang de victime n'&#233;tait n&#233;anmoins pas une entrave &#224; l'exercice de cette activit&#233;. Certes, le prix en &#233;tait toutefois tr&#232;s &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, travailler dans la prostitution a toujours demand&#233;, outre les comp&#233;tences propres &#224; ce travail, de supporter la stigmatisation omnipr&#233;sente. La r&#233;pression &#233;tait donc d&#233;j&#224; de mise par les diverses contraintes d&#233;coulant de l'abolitionnisme : impossibilit&#233; de trouver un logement sans passer par des magouilles (sous peine de se voir reprocher son absence de statut social reconnu), impossibilit&#233; de porter plainte en cas d'agression (sous peine de se voir lancer &#224; la figure une fin de non recevoir appel&#233;e &#171; risques du m&#233;tier &#187;), restriction de leur vie priv&#233;e (sous peine de voir l'amant-e inculp&#233;-e de prox&#233;n&#233;tisme), impossibilit&#233; de parler de son travail (sous peine de perdre tous ses proches ainsi que certains droits), impossibilit&#233; de s'associer entre prostitu&#233;es (sous peine de passer pour des prox&#233;n&#232;tes autog&#233;r&#233;s)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi rajouter &#224; cela les abus constants de la police, initi&#233;s avec le fichage syst&#233;matique des personnes, fichage pourtant interdit, mais dont la pratique constante en dit long sur la volont&#233; d'humilier, de soumettre et de discipliner. Entre le rejet incessant d'autrui et les difficult&#233;s pour acc&#233;der aux droits communs, il reste peu de place pour le bien-&#234;tre. L'escroquerie de l'abolitionnisme, comptant &#224; juste titre sur la bonne morale pr&#233;sente en chacun-e, est de faire croire que les effets induits par toutes ces violences sur les personnes concern&#233;es sont d&#251; &#224; l'activit&#233; en elle-m&#234;me et non au stigmate et &#224; la r&#233;pression tout azimut de la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pire se trouve &#234;tre dans la confiscation de la parole des prostitu&#233;es, parole confisqu&#233;e parce qu'inentendable, parce que jug&#233;e fausse, qu'elle soit per&#231;ue comme dict&#233;e par le vice, un prox&#233;n&#232;te ou par la mis&#232;re la plus sordide. Qu'importe le pr&#233;texte, pourvu qu'on ne les entende pas. Pourvu surtout qu'elles ne fassent penser &#224; aucune femme que ce travail peut &#234;tre un meilleur choix et qu'il suffirait d'en am&#233;liorer les conditions pour qu'il devienne &#233;gal &#224; un autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis mai 2002, la r&#233;pression s'est toutefois terriblement accrue. D&#232;s le lendemain de sa nomination, le nouveau ministre de l'int&#233;rieur s'est empress&#233; de partir en guerre contre la prostitution. D&#232;s lors, les m&#233;dias s'en sont donn&#233;s &#224; c&#339;ur joie, ce qui a eu de grandes incidences sur la vie des personnes. En rajouter encore et toujours dans la stigmatisation reste le meilleur moyen pour rendre les conditions de travail d&#233;sastreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure prohibe la prostitution, en la qualifiant d'acte d&#233;lictueux et en mena&#231;ant les contrevenantes de 2 mois de prison et 3750 euros d'amendes. La prostitution, trait&#233;e jusqu'alors en termes psycho-sociaux, le sera demain aussi en termes punitifs. Ainsi, la violence et l'exclusion qu'elles subissent depuis toujours se conjuguent d&#233;sormais &#224; une inconditionnelle vindicte populaire et &#224; une future privation de travail et/ou de libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;texte de cette loi est bien entendu s&#233;curitaire, &#224; l'instar de nombreuses autres atteintes actuelles &#224; la libert&#233; individuelle. En y regardant d'un peu plus pr&#232;s, on se rend vite compte que cette loi est un rappel &#224; l'ordre et &#224; la norme qui touche particuli&#232;rement les femmes. Figures embl&#233;matiques de la transgression et du d&#233;sordre, les prostitu&#233;es sont devenues ces derniers mois les nouveaux boucs-&#233;missaires d'une politique s&#233;curitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lyon, comme dans plusieurs villes fran&#231;aises, la loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure avait quelque peu &#233;t&#233; anticip&#233; par un arr&#234;t&#233; municipal anti-prostitution, pris d&#233;but ao&#251;t, qui interdisait de travailler sur la plus grande partie du territoire prostitutionnel lyonnais.&lt;br class='autobr' /&gt;
La police les a donc tout d'abord chass&#233; du centre-ville vers des lieux p&#233;ri-urbains sordides, sombres et d&#233;serts. Refouler les personnes dans de telles zones facilite les agressions et leur impunit&#233;. Isol&#233;es, elles sont encore bien plus fortement expos&#233;es aux violences, que celles-ci viennent des clients, des passants ou de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, depuis le mois d'ao&#251;t 2002, nous avons constat&#233; plus d'agressions sur les personnes qu'en deux ans (voir le journal des r&#233;pressions tenu par Cabiria sur le site cabiria.asso.fr). Ces agressions vont des insultes aux vols, en passant par des violences physiques et des viols. Mais ce sont aussi les violences et le harc&#232;lement policier. Contr&#244;les &#224; r&#233;p&#233;tition, insultes, menaces et abus de pouvoir ont &#233;t&#233; le lot commun. Vols de leur argent, verbalisations, confiscations de papiers et gardes &#224; vues ont fait leur retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la r&#233;pression conduit les personnes &#224; n&#233;gocier le plus rapidement possible avec les clients. Ne plus prendre le temps de jauger le client afin de le refuser s'il est pressenti comme dangereux a des r&#233;percussions directes en termes de violences morales et physiques, mais aussi de sant&#233;. Un client sur trois demande des passes sans pr&#233;servatifs et il arrive qu'il soit pr&#234;t &#224; user de violence pour parvenir &#224; ses fins. Les prostitu&#233;es ont toujours &#233;t&#233; les meilleurs agents de pr&#233;vention qui soient, mais la r&#233;pression accro&#238;t les demandes de rapports non prot&#233;g&#233;s ainsi que les prises de risque. La n&#233;gociation du pr&#233;servatif, dans une ambiance d'ins&#233;curit&#233; et de peur de se faire prendre par la police, devient ardue. Il faut, en un minimum de temps et en se cachant, &#224; la fois &#233;valuer le client, n&#233;gocier ses prix, ses services, et le pr&#233;servatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la police, relay&#233;e par les m&#233;dias, n'a cess&#233; de chercher &#224; diviser la communaut&#233; et d'inciter &#224; la haine raciale. Si certaines prostitu&#233;es ne les ont pas attendus pour tenir des discours racistes envers les femmes migrantes, cela a fortement contribu&#233; &#224; exacerber les tensions internes de la communaut&#233;, en transformant des rivalit&#233;s de territoire en m&#233;pris et en chasse des &#233;trang&#232;res. Strat&#233;gie d'ailleurs reprise par les politiques, qui, pour faire taire les contestations, ne se sont pas g&#234;n&#233;s pour d&#233;clarer que la nouvelle loi sur le racolage passif ne concernerait que les femmes &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun pays prohibitionniste n'a vu dispara&#238;tre la prostitution. Aucune loi r&#233;pressive n'a jamais aid&#233; les prostitu&#233;es, m&#234;me lorsqu'elle dit s'attaquer aux clients, comme en Su&#232;de. La plupart du temps, la prostitution devient donc clandestine. L'ins&#233;curit&#233; pour les personnes est alors &#224; son comble et tout peut arriver dans la plus grande impunit&#233;. La clandestinit&#233; accro&#238;t dramatiquement tous les dangers auxquels les prostitu&#233;es sont confront&#233;es et rend les conditions de travail extr&#234;mement pr&#233;caires et difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, une des grandes cons&#233;quences de la r&#233;pression polici&#232;re envers les prostitu&#233;es se trouve &#234;tre l'organisation ill&#233;gale de la prostitution et avec elle le retour des prox&#233;n&#232;tes afin de se prot&#233;ger de la police. On peut donc l&#233;gitimement penser que la r&#233;pression actuelle va transformer une activit&#233; contr&#244;l&#233;e par les femmes en une de plus contr&#244;l&#233;e par les hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les effets de la loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure sont bien pires encore pour les femmes &#233;trang&#232;res, puisque leur permis de s&#233;jour pourra leur &#234;tre retir&#233; et qu'elles seront expuls&#233;es. Ceci peut sembler paradoxale, tant on nous a martel&#233; leur statut de victimes supr&#234;mes. Mais ceci nous permet de mieux comprendre encore l'&#233;norme hiatus entre les intentions affich&#233;es de la loi et la r&#233;alit&#233;. Pr&#233;senter ces femmes (en censurant toute autre parole &#224; leur propos) comme &#233;tant toutes des enfants incapables de d&#233;cider quoi que ce soit les concernant, comme &#233;tant toutes vendues, battues, viol&#233;es et forc&#233;s de se prostituer par de dangereux mafieux a permis de fournir le plus grand pr&#233;texte &#224; cette loi, c'est-&#224;-dire la lutte contre les r&#233;seaux mafieux. Cependant, afficher un tel souci pour la violence contre les femmes alors que partout ailleurs elle est ni&#233;e semble pour le moins douteux. Mais si l'on veut soit-disant lutter contre les r&#233;seaux, comment expliquer que ce sont les femmes, pourtant consid&#233;r&#233;es comme victimes, que l'on va arr&#234;ter et/ou expulser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la d&#233;lation fait son entr&#233;e officielle dans le droit fran&#231;ais, par le biais de la r&#233;gularisation provisoire offerte &#224; celles qui d&#233;nonceraient leurs prox&#233;n&#232;tes. Et toutes celles qui n'en ont pas, pourront-elles d&#233;noncer les conditions sexistes et &#233;conomiques de leur pays d'origine qu'elles cherchent &#224; fuir, la fermeture des fronti&#232;res des pays europ&#233;ens qui les obligent &#224; venir clandestinement, &#224; payer des passeurs, &#224; demander de l'aide &#224; des hommes qui profitent de la situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci n'est pas propre &#224; la situation fran&#231;aise, les lois internationales concernant la prostitution et le trafic des femmes d&#233;nient toujours le statut d'adulte, le droit de migrer et le droit &#224; l'autod&#233;termination &#233;conomique et sexuelle pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;nalisation des personnes prostitu&#233;es est pass&#233;e tranquillement, nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s peu &#224; les soutenir. Si l'on a entendu quelques indignations, elles &#233;taient souvent de circonstance ; nombre de personnes n'ont pu, &#224; cause de leur abolitionnisme combattant ou rampant, se situer aux c&#244;t&#233;s de ces personnes. M&#234;me dans un cas aussi extr&#234;me que celui de couper une partie de la population (des plus stigmatis&#233;e et exclue) de ses revenus et de la possibilit&#233; de vivre d&#233;cemment, rares sont celles et ceux qui ont r&#233;ellement ressenti un sentiment de r&#233;volte face &#224; l'injustice d'une telle loi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Eclaircissement sur les positions de Cabiria en mati&#232;re de prostitution</title>
		<link>http://www.cabiria.asso.fr/Eclaircissement-sur-les-positions-de-Cabiria-en-matiere-de-prostitution</link>
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		<dc:date>2002-12-06T14:38:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sabine</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Au del&#224; du r&#233;glementarisme et de l'abolitionnisme : &lt;br class='autobr' /&gt; Suite aux diff&#233;rentes d&#233;formations, incompr&#233;hensions, rumeurs au sujet de la position politique de CABIRIA en mati&#232;re de prostitution, nous d&#233;sirons faire une mise au point afin d'&#233;viter toute future confusion &#224; ce sujet. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'association Cabiria n'a jamais d&#233;fendu, et ne d&#233;fendra jamais une position r&#233;glementariste concernant la prostitution. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous consid&#233;rons en effet que le syst&#232;me r&#233;glementariste est une politique publique qui r&#233;pond (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au del&#224; du r&#233;glementarisme et de l'abolitionnisme :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Suite aux diff&#233;rentes d&#233;formations, incompr&#233;hensions, rumeurs au sujet de la position politique de CABIRIA en mati&#232;re de prostitution, nous d&#233;sirons faire une mise au point afin d'&#233;viter toute future confusion &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association Cabiria n'a jamais d&#233;fendu, et ne d&#233;fendra jamais une position r&#233;glementariste concernant la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous consid&#233;rons en effet que le syst&#232;me r&#233;glementariste est une politique publique qui r&#233;pond avant tout aux besoins de l'Etat quant &#224; la gestion des flux financiers et des questions sanitaires ainsi qu'aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des diff&#233;rents &#034;interm&#233;diaires&#034; de la prostitution : le prox&#233;n&#233;tisme h&#244;telier, de &#034;soutien&#034;, de migration, ... . Le r&#233;glementarisme n'est d'aucune fa&#231;on une r&#233;ponse ad&#233;quate aux besoins et revendications des personnes prostitu&#233;es elles-m&#234;mes et contribue, au contraire, &#224; renforcer le pouvoir de l'Etat et des prox&#233;n&#232;tes sur elles au d&#233;triment de l'autonomie et la libert&#233; des personnes prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques abolitionnistes, elles, ont montr&#233; leurs limites. M&#234;me si elles permettent une lutte efficace contre le prox&#233;n&#233;tisme, elles ne garantissent malheureusement pas les droits des personnes prostitu&#233;es et les ravalent au rang &#034;d'inadapt&#233;es sociales&#034; (ordonnances de 60).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu l'occasion, lors des rapports d'activit&#233;s 1999, 2000 et 2001, d'analyser de fa&#231;on approfondie ce en quoi ni le syst&#232;me abolitionniste ni le syst&#232;me r&#233;glementariste ne r&#233;pondent aux questions &#233;l&#233;mentaires de libert&#233; et d'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable politique publique doit, selon nous, partir du droit commun et des droits fondamentaux que tout &#233;tat d&#233;mocratique garantie &#224; tou-te-s ses citoyen-ne-s, des revendications et besoins des personnes prostitu&#233;es elles-m&#234;mes et respecter leurs droits sociaux, civiques et humains &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du r&#233;glementarisme et au-del&#224; de l'abolitionnisme, CABIRIA cherche &#224; promouvoir une politique publique d'&#233;mancipation sociale et citoyenne des personnes prostitu&#233;es face aux multiples violences institutionnelles, &#233;tatiques, mafieuses ou commerciales. CABIRIA propose &#233;galement une r&#233;flexion approfondie sur la question de la prostitution au regard de la domination masculine et des rapports sociaux de sexe, ce dans le respect total des choix de vie des personnes prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique publique efficace en la mati&#232;re ne peut pas se faire sans la consultation et participation permanente des personnes concern&#233;es, raison pour laquelle CABIRIA appelle &#224; l'organisation d'une plate-forme nationale de discussion de la prostitution, organis&#233;e &#224; parit&#233; avec les personnes prostitu&#233;es. Cette plate-forme devrait permettre de rassembler les personnes prostitu&#233;es, les pouvoirs publics, les organismes parapublics (CNAM, Caisse de retraite, ...), organismes priv&#233;s, associations de terrain, , etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous rappelons nos questionnements sur les migrations, &#233;galement trait&#233;s dans le rapport d'activit&#233; 2001. En quelques mots, nous craignons que la question du trafic ne soit instrumentalis&#233;e pour renforcer une politique x&#233;nophobe et raciste. Dans les politiques r&#233;pressives appliqu&#233;es pour lutter contre le trafic en France RIEN n'est fait pour prot&#233;ger les victimes de ce trafic. Les femmes migrantes sont ainsi assimil&#233;es aux milieu criminel, pers&#233;cut&#233;es, menac&#233;es par la police etc. Nous promouvons l'id&#233;e que la meilleure des protections pour ses femmes lorsqu'elles sont en France serait de leur donner la possibilit&#233; de r&#233;sider l&#233;galement sur notre territoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre exp&#233;rience depuis bient&#244;t deux ans avec les femmes des pays de L'Europe de l'Est nous d&#233;montre chaque jour que ces femmes veulent gagner leur autonomie, y compris dans la pratique de la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de toute analyse simplificatrice et stigmatisante du ph&#233;nom&#232;ne prostitutionnel, Cabiria rappelle son exigence &#233;thique et intellectuelle d'honn&#234;tet&#233; et de respect afin que les personnes prostitu&#233;es soient enfin prises en compte dans l'&#233;laboration de politiques publiques les concernant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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